Crypto en trésorerie d’entreprise : une opportunité… sous conditions
De plus en plus d’entreprises s’intéressent au Bitcoin, à l’Ethereum ou aux stablecoins pour diversifier une partie de leur trésorerie. C’est légal, mais ce n’est pas un “achat comme un autre” : la crypto implique réglementation, sécurité, comptabilité et risque de responsabilité du dirigeant.
1) Le cadre légal en France : PACTE, PSAN… et le basculement vers MiCA
La loi PACTE (2019) a structuré le marché français avec le statut PSAN (prestataire de services sur actifs numériques). Aujourd’hui, l’Europe harmonise les règles via le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets).
Ce qui change avec MiCA
MiCA remplace progressivement les régimes nationaux à partir du 1er janvier 2025 pour la fourniture de services sur crypto-actifs, et encadre aussi des volets entrés en vigueur plus tôt (ex. stablecoins).
En France, l’AMF explique que le statut PSAN est progressivement remplacé par celui de PSCA et que la transition aboutit mi-2026.
Les acteurs déjà en place bénéficient d’une période transitoire : l’AMF rappelle notamment l’échéance du 1er juillet 2026 pour obtenir l’autorisation MiCA afin de continuer à opérer en France.
Le réflexe simple à adopter
Ne vous fiez pas à une page marketing : vérifiez toujours le prestataire dans les listes blanches officielles de l’AMF (PSAN/PSCA).
2) Quelles entreprises peuvent investir en crypto ?
En pratique, la plupart des formes sociétales peuvent détenir des crypto-actifs (SAS/SASU, SARL/EURL, holdings…). Le point clé n’est pas la forme juridique, mais l’organisation :
Utiliser uniquement le compte bancaire pro (séparation stricte des flux).
Vérifier l’objet social : si vos statuts ne permettent pas ce type de placement, une mise à jour peut être nécessaire.
Encadrer la décision (validation formelle, niveau de risque accepté, limites, responsables, procédure de sécurité).
(Bon sens juridique : en cas de perte importante, l’entreprise peut vous reprocher une décision insuffisamment prudente ou documentée.)
3) Plateformes : que choisir en 2025 (et comment vérifier)
Le critère n°1, c’est la conformité réglementaire (AMF / MiCA) + la capacité à exporter l’historique des transactions proprement pour la compta.
Exemples de statuts visibles dans les listes AMF
Coinhouse SAS : indiqué comme PSAN enregistré (listes blanches AMF).
Coinbase Europe Limited : indiqué comme PSAN enregistré (listes blanches AMF).
Binance France SAS : indiqué comme PSAN enregistré (listes blanches AMF).
Bitpanda Asset Management GmbH : indiqué comme PSCA agréé MiCA / autorisé (listes blanches AMF).
Point important : les statuts peuvent évoluer (MiCA est en phase de transition). D’où l’intérêt de revérifier juste avant d’ouvrir un compte.
Check-list “pro” avant d’ouvrir un compte
Présence sur liste blanche AMF (PSAN/PSCA)
Process KYB (Know Your Business) solide
2FA, gestion des droits utilisateurs, whitelists d’adresses de retrait
Exports comptables (CSV, API), preuves de prix/valorisation
Conditions de conservation (custody), séparation des avoirs, incidents passés
4) Avantages vs risques : une lecture équilibrée
Ce que les entreprises y cherchent
Diversification (ne pas dépendre d’un seul type d’actif)
Exposition à l’innovation (Web3, infrastructure crypto, etc.)
Possibilité de rendement (ex. staking) — avec des risques supplémentaires
Les risques à ne pas minimiser
Volatilité (valeurs qui peuvent fortement chuter)
Aucune garantie type FGDR sur les crypto-actifs (contrairement à certains dépôts bancaires)
Risque cyber (phishing, compromission d’accès, erreurs de transfert)
Risque de responsabilité si la politique de trésorerie est jugée imprudente
Pratique courante : beaucoup d’entreprises limitent l’exposition à une petite fraction de la trésorerie disponible (ex. 5–10%), avec une politique écrite et validée.
5) Comptabilité et fiscalité : le nerf de la guerre
C’est souvent là que les projets se compliquent.
Comptabilisation : cadre ANC
En France, la comptabilisation des jetons/crypto-actifs en entreprise s’appuie notamment sur le règlement ANC n°2020-05 et les travaux de l’ANC sur le sujet.
Concrètement, la classification (court terme vs long terme, usage, etc.) détermine la présentation au bilan et le traitement des variations de valeur.
Fiscalité : logique “entreprise”
Pour une société, les gains/pertes sur crypto-actifs s’intègrent dans la fiscalité de l’entreprise (IS le plus souvent). Et attention : chaque cession (vente en euros, mais aussi souvent échange crypto-crypto) peut déclencher un calcul de plus/moins-value imposable selon votre situation et votre compta.
Documents à conserver (indispensable en cas de contrôle)
date/heure, quantités, valeur en euros au moment de l’opération
frais, plateforme, identifiants de transaction (hash)
preuves de virements, exports complets, relevés
politique interne (qui valide quoi, limites, conservation, accès)
6) Les 6 règles d’or pour sécuriser la démarche
Vérifier le prestataire sur liste blanche AMF (PSAN/PSCA)
Mettre une politique interne écrite (plafond, actifs autorisés, process)
Activer 2FA + gestion fine des accès + whitelists
Prévoir une solution de conservation adaptée (cold storage/custody selon montants)
Tenir un registre de transactions “compta-ready” dès le jour 1
Se faire accompagner (expert-comptable/avocat fiscaliste si exposition significative)
Conclusion
Investir en crypto avec une société est légal et peut être stratégique, mais l’écart entre “acheter du BTC” et “le faire correctement en entreprise” est énorme : prestataire régulé, gouvernance, compta, fiscalité, sécurité. En 2025, avec MiCA et la période transitoire qui mène vers 2026, la vérification du statut des acteurs devient un réflexe clé.
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